lundi 2 février 2009

Les monatères

De tous ceux que l'on a vu, lequel nous a le plus plu, le plus impressionné, le plus saisi ?... Isa a une préférence marquée pour Gheghart ; elle tripait déjà sur les photos du guide un mois avant d'y être. Et c'est sûr, une fois à l'intérieur, c'est l'émotion intense, brute de décoffrage. Mais tous ont quelque chose de particulier ; pour tous, on a vécu des émotions différentes et saisissantes. Ce sera donc dans l'ordre chronologique des visites que nous allons les présenter.


Tatev, près de Goris (au Sud de l'Arménie) - construit aux IX et XIème siècle
Envers et contre l'avis de tous et de toutes, nous nous y sommes rendues : un centre de taxi refuse de nous y emmener (route trop dangeureuse nous dit une personne de la Mairie de Goris qui l'a appelé pour nous) ; ni une ni deux, Sophie appelle un arménien rencontré la veille qui nous disait y aller pour y réparer des équipements électriques ; zut, il est déjà parti ; on ne lâche pas l'affaire pour autant et on insiste pour appeler un autre centre de taxi... ça y est ! On est sur la route : à part quelques nids de poule tous les deux mètres et une route pas du tout à flan de montagne, RAS.

Ce monastère fut le centre spirituel du royaume de Siouie et est aujourd'hui un lieu de pélerinage. On y découvre la charmante petite église de Sainte-Mère-de-Dieu et une magnifique chambre (celle de l'évêque) avec vue panoramique sur la vallée. On y restera un moment à méditer au calme... avant que le chauffeur de taxi nous tourne autours pour nous indiquer qu'il aimerait bien y aller. Ok, ok, on y va.







Novarank, sur la route de Goris à Erevan - fondé au XIIéme siècle
La couleur du monastère se confond avec celle de la roche (ben oui, forcément, c'est avec la roche de la montagne qu'elle a été construite). On a le sentiment de découvrir un monument merveilleux et oublié de tous lorsque nous l'apercevont à peine de loin puis que nous la distinguons de mieux en mieux au fur et à mesure que l'on s'en approche. Comme tous les autres site, nous sommes les seules touristes. Les monastères et églises sont presque à nous, un vrai bonheur savouré tout au long du voyage.




Khor Virap, proche de Erevan
Situé au pied du mont Ararat, c'est autours de la fosse de Greg le Mill... non, de Greg l'Illuminateur que c'est construit ce petit monastère. Ce pauvre homme a été jeté dans un trou à 15 mètres de profondeur (Khor Virap signifie fosse profonde) parce qu'il prêchait la bonne parole du Christ et que ça saoulait grave Tiridate III. Pris de remord et surtout rongé par la maladie, il l'en fit sortir 13 ans plus tard : Grégoire l'Illuminateur le guérit et Tiridate III se convertissa au christianisme. Youplaboum. C'était pas rose tous les jours à cette époque. (et comment il a mangé pendant 13 ans, Grégoire, hein !? et bien une bonne âme lui jettait régulièrement de quoi manger par le trou de la serrure ; sympa la fille).


Gheghart, près de Erevan
Sa découverte fut aussi émouvante que pour Novarank (monastère construit à même la roche et se confond avec celle-ci, s'en rapprocher au fur et à mesure après l'avoir aperçu de loin en tout petit petit blablabla).

Et quand on rentre, c'est l'émotion : des chapelles troglodytes ont été creusées dans la paroi rocheuse à laquelle est adossé cet ensemble monastique, dont la chapelle et le mausolée présentent des murs à la fois travaillés et bruts.



Gochavank, on the road to Idjévan (Nord de l'Arménie) : Détruit par un séisme au XIIème siècle, il fût reconstruit au XIIIème et abritât de nombreux textes de lois des trois confessions (chrétienne, juive et musulmane) recuillis par son fondateur, Mikhitar Goch, ainsi que des textes bouddhistes, dit-on. Malgré cet oecuménisme affiché, les Mongols brûlèrent la quasi totalité de ces richesses.




Makaravank, on the road again towards the North. Celui-là aussi, on l'aura mérité !!

A une dizaine de km de Idjévan, traverser le charmant petit village de Atchadjour puis continuer 3 km au sud-ouest de ce village... et là... rien, une purée de pois, on y voit que d'. Le chauffeur de taxi nous dit que si que si, le monastère est là-bas, en contrebas, suivez le chemin mes petites, encore un peu plus loin. Sophie est prise d'un coup de flippe : et si le chauffeur se faisait la malle avec les sacs qui sont dans le coffre du taxi ? Allers-retours incessants entre là où est censé être le monastère et le taxi. Ca tombe bien, il fait froid ; ça réchauffe. Après 20mn, on abandonne : on se dit que le chauffeur nous a entourloupé en nous disant que c'était là mais en fait c'est pas là, et pis c'est tout. Mais comme pour Tatev, têtue comme une bonne grosse mule, Soph insiste ; ok, ok, on y retournera le lendemain. Il fait beau : peut-être qu'on le verra de loin. Et là, à deux pas d'où on était, se découvre le monastère, bien énorme comme il faut, faudrait être bigleuses pour pas le voir. Et on se mord les joues sur ce qu'on a pensé de notre chauffeur, hyper sympa hyper adorable hyper conscencieux (comme tous nous autres chauffeurs). Il ressemblait à Shrek, d'ailleurs (en moins vert) ; trop chou.
Et nous sommes récompensées : l'église principale est fermée mais on tripe à fond les ballons (at the very deep down bottom of the baloons) ; on visite les monastères les pieds dans la neige, la tête au soleil et dans les émotions. C'est le full foot.
Monastère construit aux XII et XIIIème siècles, l'église principale est surmontée d'un tambour cylindrique parcouru d'une fine colonnade soulignée de frises superbement sculptées. Les façades présentent aussi un riche décor sculpté, des motifs géométriques et figures animales. Et la petite église ocotgonale Sainte-Mère-de-Dieu coiffée du traditionnel toit conique est charmante.


Hagpat et Sanahin, proche de Dilidjan (toujours dans l'grand nord de l'Arménie).
Deux monastères de pure beauté ; on comprend pourquoi ils sont inscrits au patrimoine de l'UNESCO !

Hagpat: fondé par la reine Khosrovanouch, en 1976, il s'organise autours de l'église St-Signe. Ce monastère renferme de nombreux Khatchkar, dont celui, unique en son genre, d'Aménarprikitch (Sauveur de tous), datant de 1273.





Sanahine: le complexe monastique dont les multiples coupoles se détachent du plateau (enneigé pour l'occasion ; o-ho, ça c'est une surprise). Il fut aussi fondé par la reine Khosrovanouch, en 966 puis à l'église du St-Sauveur ont été ajoutés du Xème au XIIIème siècles plusieurs édifices qui forment un ensemble imposant, puissant et harmonieux. Ce monastère fut un centre de rayonnement culturel, habité jusqu'au début du XXème siècle.








Hovanavank, proche de Erevan
Adossé au canyon de la rivière Kasakh sur laquelle on a une vue plongeante, il a été fondé (au IVème dit la légende, mais plus certainement...) au XIIème siècle.
Fermée, nous sommes restées perchées sur le rebord de l'une des fenêtres de l'église pour en contempler l'intérieur, s'imprégner de ce silence et de cette beauté, jusqu'à que le froid nous morde les pieds et les mains (méchant !).





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